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Le Forum mondial des économies de l’art (FoméA) a été créé en 2018 par la Biennale de Paris et l’ENDA (Ecole nationale d’art de Paris) afin de :
– mettre en lumière l’étroite dépendance entre art et économie ;
– analyser les enjeux qui en découlent ;
– favoriser l’émergence d’alternatives au modèle économique dominant de l’art : marché de l’art – subvention – mécénat.
La première édition de FoméA s’est tenue du 22 au 24 juin 2018 à l’Hôtel de Ville de Paris. La deuxième édition se déroulera en Allemagne en 2027.
Le forum rassemble artistes et autres professionnels de l’art, économistes, chercheurs, responsables institutionnels et acteurs sociaux et économiques lors de conférences, tables rondes, ateliers, débats et incubateurs de modèles économiques au service des artistes et des institutions.
Pourquoi FoméA ?
Le forum a été créé en réponse au constat suivant :
– Presque tous les artistes sont exclus du système économique dominant de l’art, fondé sur des mécanismes de sélection, de rareté et de légitimation ;
– La grande majorité des artistes vit sous le seuil de pauvreté, y compris lorsqu’ils développent des pratiques conformes aux attentes du marché de l’art, des mécènes et des organismes subventionnaires ;
– Le système économique dominant exerce une influence déterminante sur l’art et favorise la reproduction de formes d’art standardisées ;
– Le marché de l’art oriente l’art selon ses propres intérêts et rend impossible l’émergence de formes d’art imprévisibles qui constituent l’essence même de l’art ;
– Les artistes développant de nouvelles formes d’art n’ont aucun accès au marché de l’art, au mécénat et aux dispositifs de subvention, leur art n’étant pas considéré comme art.
Cette situation résulte notamment de plusieurs facteurs
– La persistance de l’idée selon laquelle l’économie serait extérieure à l’art et ne devrait pas être prise en charge par les artistes ;
– L’acceptation d’un régime d’extrême précarité économique des artistes devenu une condition considérée comme normale de l’activité artistique ;
– La délégation des questions économiques à des acteurs extérieurs : administrations, politiques, galeristes, marchands, collectionneurs ou agences ;
– L’absence d’organisation collective des artistes qui abouti de ce fait à leur incapacité à influencer les décisions politiques et économiques ;
– L’absence de lois durables et appliquées permettant d’assurer aux artistes un statut et des revenus économiques stables et dignes ;
– Une dégradation de la profession d’artistes et une faible reconnaissance sociale du travail artistique, souvent réduit à une activité de divertissement, loisir ou décoration ;
– La difficulté du système économique dominant à intégrer des formes d’art innovantes qui sortent des formats traditionnels de l’art.
Les axes du forum
– La situation économique des artistes
Cet axe vise à documenter et à rendre publique la réalité économique des artistes. Malgré leur professionnalisation et leur conformité aux normes du secteur, l’ultramajorité demeure dans une situation d’extrême précarité.
– L’influence de l’économie sur l’art
Cet axe analyse la manière dont les modèles économiques influencent les pratiques artistiques et participent à la définition même de l’art.
– Une mise en critique du système économique dominant
Cet axe rassemble des contributions consacrées à l’analyse critique du système fondé sur le marché de l’art, le mécénat et les subventions.
– La nécessité de sortir du système existant
Cet axe explore la nécessité pour les artistes de développer leur autonomie économique et de construire des modèles indépendants des structures dominantes.
– Les modèles économiques existant en dehors de l’art
Cet axe présente des modèles issus d’autres secteurs : économie sociale et solidaire, économie circulaire, économie bleue, coopératives, mutuelles, communs, etc. Il examine leur potentiel d’adaptation au domaine artistique.
– Les modèles économiques alternatifs développés par les artistes
Cet axe met en lumière des artistes et des organisations ayant construit des modèles économiques parallèles au marché de l’art, au mécénat et aux subventions.
– Des incubateurs de modèles économiques
Cet axe permet aux artistes et aux institutions participantes de concevoir, tester et développer leurs propres modèles économiques adaptés à leurs objectifs et à leurs pratiques.
– Un laboratoire de création artistique à partir de modèles économiques
Cet axe propose des ateliers de recherche et de création explorant la possibilité de produire des pratiques artistiques à partir de modèles économiques issus d’autres domaines. Il interroge la possibilité de devenir artiste à partir de l’économie elle-même.